Nouveaux statuts de l’ICOM : le refus de l’AGCCPF

24/09/2026

Chères et chers collègues, chères et chers adhérentes et adhérents,

 

L’ensemble du conseil d’administration de l’AGCCPF souhaite vous adresser cette infolettre exceptionnelle, à quelques jours de la prochaine assemblée générale extraordinaire d’ICOM-France du 9 octobre prochain.

 

Depuis quelque temps, le conseil d’administration d’ICOM-France indique son souhait de déposer un dossier de reconnaissance d'intérêt public et de revoir ses statuts. Lors d’une réunion, le 3 septembre dernier, sa présidente Emilie Girard a présenté le projet de nouveaux statuts de l’association, proposé au vote lors de la prochaine assemblée générale extraordinaire du 9 octobre. Cette modification de statuts vise à préciser les objectifs de l’association (art. 1) et à modifier la composition du conseil d’administration composé de 30 membres (art. 10).

 

Nous avons alors appris sans ambages qu’il sera proposé une modification importante consistant à remplacer plusieurs membres de droit par d’autres. Ainsi, l’AMCSTI (réseau national de la culture scientifique, technique et industrielle), l’AGCCPF, la Mission du Patrimoine mondial et le Musée de l’Air et de l’Espace seraient remplacés par les Musées de Marseille, la Réunion des Musées Métropolitains de Rouen, le Musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye et les trois musées sous tutelle du Ministère de la Défense (en alternance).

 

Nous regrettons que ces remplacements n’aient pas été discutés avec les partenaires concernés (ni les entrants, ni les sortants) en amont. Ainsi, aucun échange préalable sur le fond et sur le sens de cette éviction de notre association des membres de droits n’a été proposé, alors même que l’AGCCPF est présente à chaque conseil d’administration de l’ICOM-France et qu’elle organise des rencontres inter-associatives régulières. Créée en 1922, reconnue d’intérêt public depuis 1932 et partenaire de l’ICOM-France depuis sa création en 1946, l’AGCCPF a de tout temps fait partie de ses membres de droits, assurant la représentation des professionnels que nous sommes, dans leur diversité et leurs expertises.Aujourd’hui cette proposition nous interroge à plus d’un titre. Elle reflète des ruptures que nous trouvons regrettables :

  • une rupture de dialogue : caractérisée par l’absence de prévenance ou d’échange avant que ce projet ne soit présenté, envers nous mais également envers les autres membres de droit concernés ou leurs tutelles respectives ;
  • une rupture de sens : ce projet de modification de statut est nécessairement un signal envers la profession, nationale comme internationale. A un moment où la vision universaliste des musées et la place des collections publiques est régulièrement questionnée, voire battue en brèche au niveau mondial, il nous interroge sur le rôle de l’Icom France à l’international ;
  • une rupture de représentativité : cette décision pourrait sonner la fin de la représentation directe des professionnels des collections publiques françaises à titre individuel, portée par l’AGCCPF ; générant une surreprésentation des établissements avec le risque de dépendance de la parole professionnelle vis-à-vis des tutelles, dans un calendrier politique particulièrement crucial pour notre pays ;
  • une rupture de solidarité : la finalité de cette modification, qui ne paraît pas aller dans le sens d’une meilleure représentativité de la diversité de nos métiers et de nos établissements, pose question à tous points de vue et ne s’inscrit pas dans l’état d’esprit de notre action et projet associatif.

La collaboration et l’échange avec nos partenaires des autres associations professionnelles est au cœur du projet associatif de l’AGCCPF que nous portons à bras-le-corps, collectivement, et explicitement à travers notre projet associatif depuis le début du mandat en cours. A l’occasion d’échanges à notre initiative avec Emilie Girard, présidente d’ICOM-France, et d’autres membres du conseil d’administration de l’ICOM-France, ainsi qu’auprès de collègues membres des deux associations, nous avons fait part de notre grand étonnement et de notre désapprobation sur le fond et sur la méthode.

 

Nous appelons nos collègues à prendre le temps du débat et de la concertation. La constitution et représentativité des professionnels des musées et des institutions au sein d’Icom France mérite ce temps de dialogue et de réflexion.

 

L’AGCCPF, par la voix du conseil d’administration réuni exceptionnellement le 18 septembre dernier, souhaite donc ici vous informer et vous sensibiliser à l’importance de votre voix. Si le vote de nouveau statut de l’ICOM-France en assemblée générale extraordinaire est maintenu : nous appelons les adhérents de l’AGCCPF qui seraient également membres de l’ICOM à voter contre cette proposition, lorsque les documents de vote seront publiés et que la procédure de vote électronique sera ouverte. Nous vous invitons également à partager nos arguments avec vos collègues, membres de l’AGCCPF et/ou de l’ICOM-France, pour faire émerger le débat et la discussion, dans l’espoir que la collaboration historique entre nos deux associations puisse perdurer, voire même connaître un nouveau souffle et ce, dans le sens que nous défendons, celui de l’engagement et de la solidarité professionnelle à l’échelle nationale.

 

Avec l’assurance de notre engagement plein et entier au service de notre pluralité de voix et de la défense de nos métiers dédiés aux collections et patrimoines publics.

 

Le Conseil d’administration de l’AGCCPF.


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