05/10/2026
Chères et chers collègues, chères et chers adhérentes et adhérents,
Le 24 septembre dernier, L’AGCCPF a expliqué publiquement les raisons pour lesquelles elle invite les membres d’ICOM France à voter contre l’adoption de nouveaux statuts actant l’éviction de l’AGCCPF comme membre de droit, place qu’elle occupe depuis la création du comité national français de l’ICOM international il y a 80 ans, et ce, sans préavis ni explication préalable (Communiqués AGCCPF - Conservateurs et professionnels des musées). Les raisons des décisions prises à l’occasion de ce changement de statut n’ont jamais été discutées avec les concernés ni explicitées en amont.
Le 30 septembre suivant, un document de travail joint au mail d’invitation au vote à distance pour l’assemblée générale extraordinaire, envoyé aux membres d’ICOM France, a offert l’opportunité à sa présidente de justifier les choix proposés. À la lecture de ce document, l’AGCCPF maintient sa position, considérant que les raisons invoquées pour les changements statutaires prévus sont infondées, voire incohérentes.
Il y est rappelé que : “Depuis plus d'un an, ICOM France s'est engagé dans un travail de révision de ses statuts, avec la volonté de les mettre à jour pour répondre à des lacunes constatées depuis plusieurs années, favoriser une meilleure représentativité de tous nos membres et faciliter l'obtention de la reconnaissance d'intérêt général de notre association.”
En tant qu’association des professionnelles et professionnels des patrimoines publics de France, reconnue d’utilité publique depuis 1932, l’AGCCPF souhaite connaître la motivation d’ICOM France d’être reconnue d’intérêt général et s’interroge sur la nécessité de modifier la représentativité de ses membres pour l’obtenir.
L’AGCCPF ne considère pas que la modification des membres de droit d’ICOM France aille dans le sens d’une “meilleure représentativité” des membres de l’association. Le remplacement d’une association professionnelle de personnes par des membres institutionnels ne semble pas répondre à cet objectif affiché et ne garantit aucunement la libre expression et représentation des professionnels des musées.
Par ailleurs, l’éviction de l’AGCCPF et de l’AMCSTI (réseau national de la culture scientifique, technique et industrielle) est justifiée par le fait qu’ICOM France ne siège pas au Conseil d'administration de ces associations. Une demande d’entrée d’ICOM France au Conseil d'administration de l’AGCCPF n’a effectivement pas pu aboutir il y a quelques années pour des raisons juridiques (liées à notre statut d’association reconnue d’intérêt public). L’actuelle équipe dirigeante de l’AGCCPF, qui n’a pas été informée d’un éventuel grief à ce sujet de la part d’ICOM France avant la lecture du document sus-cité, n’aurait en aucun cas refusé d’en discuter afin de pouvoir trouver un moyen d’ y remédier ; la volonté de l’AGCCPF de créer et d’entretenir les liens inter-associatifs est de notoriété publique.
L’AGCCPF s’interroge par ailleurs sur la pertinence de l’argument, lorsque l’on sait qu’ICOM France n’est présente ni au Conseil d’administration de la FCRR, ni à celui de la FEMS, deux associations qui continuent pour autant à être membres de droit d’ICOM France dans la nouvelle proposition de statut, associations partenaires de l’AGCCPF par ailleurs et dont nous saluons avec amitié l’engagement constant auprès de leurs membres. À peine ce principe de siéger au Conseil d’administration des associations membres de droit d’ICOM France est-il formulé qu’il ne s’appliquerait déjà que de manière arbitraire ? Pour une association aussi renommée, un tel traitement inégal interroge.
L’AGCCPF est extrêmement et sincèrement déçue de cette situation dans laquelle elle a été placée à son insu dans la mesure où elle ne ménage pas ses efforts, en particulier ces dernières années, pour faire et refaire du lien entre les différentes associations professionnelles du patrimoine. Elle considère que les méthodes ici employées par la gouvernance d’ICOM France ne sont pas fidèles à certaines des valeurs promues par leur association et se déclare prête à collaborer avec ladite gouvernance afin de mieux questionner la signification des “valeurs de dialogue, de diversité culturelle, d’inclusion, d’accessibilité, de coopération internationale et de respect du patrimoine commun de l’humanité” qu’elle est sensée servir conformément à ses statuts. C’est donc forte de ces valeurs communes que l’AGCCPF renouvelle son appel aux membres d’ICOM France de voter contre la modification statutaire proposée lors de sa prochaine assemblée générale extraordinaire. Notre démarche est et demeure avant tout un appel à écrire ensemble une meilleure suite pour cette évolution souhaitée des statuts d’ICOM France.
Au nom du Conseil d’administration de l’AGCCPF, la Présidente, Rachel Suteau
Abonnement
Recevez la revue Musées & Collections publiques de France au rythme de 3 numéros par an.
S'ABONNER